Diagnostic ATEX — exemple de livrable et méthode

Un même atelier, vu à l'œil nu et à la caméra thermique : la preuve par la mesure.
Un même atelier, vu à l'œil nu et à la caméra thermique : la preuve par la mesure.

🛡️ Voir concrètement ce que nous livrons. Cette page présente un exemple complet de diagnostic de zonage ATEX, puis ce qui distingue notre démarche : une donnée mesurée plutôt qu'estimée, justifiée plutôt que déclarée, vivante plutôt que figée.

Un diagnostic ATEX se juge à son livrable. Plutôt que de décrire une méthode en termes généraux, nous en montrons le résultat sur un cas d'école, du relevé de terrain au plan d'actions priorisé.

La démarche complète et son cadre réglementaire sont présentés sur la page Diagnostic ATEX — zonage et DRPCE.


Première partie — un exemple de diagnostic

ℹ️ Le site « ATELIER PROTOPOUDRE » est un exemple pédagogique aux données fictives. Les valeurs sont réalistes mais simulées : elles illustrent la logique de raisonnement et la forme du livrable.

Contexte et périmètre

Fabrication additive métallique par fusion laser sur lit de poudre, et parachèvement.

  • Activités : impression SLM en poudres métalliques, tamisage et recyclage de poudre, dépoudrage des pièces, nettoyage au solvant.
  • Surface : 620 m² · effectif en zone : 6 personnes · régime : 2×8.
  • Enjeu : poussières métalliques conductrices et très réactives (aluminium, titane), avec un risque d'explosion primaire par mise en nuage et secondaire par remise en suspension des couches.

Synthèse exécutive

🎯 Maîtrise partielle — deux non-conformités critiques. Le procédé est intrinsèquement inerté sous argon sur la machine, mais les opérations connexes — tamisage, dépoudrage, aspiration — génèrent des atmosphères explosives insuffisamment maîtrisées. Priorités : matériel électrique d'aspiration adapté à la zone, et mise à la terre des équipements mobiles.

Inventaire des produits

ProduitTypeKstClasseÉnergie minimale d'inflammationInflammation en nuageInflammation en coucheGroupe
Poudre AlSi10MgPoussière métallique480 bar·m/sSt 3< 10 mJ≈ 590 °C≈ 430 °CIIIC conductrice
Poudre Ti6Al4VPoussière métallique350 bar·m/sSt 3< 5 mJ≈ 330 °C≈ 250 °CIIIC conductrice
Poudre inox 316LPoussière métallique150 bar·m/sSt 1≈ 100 mJ> 700 °C—IIIC conductrice
Alcool isopropyliqueLiquide inflammable———auto-inflammation ≈ 399 °Cpoint éclair 12 °CIIA, classe T2

⚠️ Les poudres d'aluminium et de titane sont de classe St 3 — explosion très violente — avec une énergie d'inflammation extrêmement faible : une simple étincelle électrostatique suffit. La mise à la terre et l'adéquation du matériel électrique deviennent déterminantes.

Points relevés sur le terrain

LocalisationÉquipement ou sourceObservations
Salle de fabricationImprimante SLM, chambre inertée à l'argonNuage interne permanent ; risque à l'ouverture et en maintenance
Salle de fabricationDépoussiéreur à voie humide et son moteurMoteur d'aspiration non marqué ATEX
Poste de tamisageTamiseuse, recyclage de poudreNuage au vidage ; opération manuelle ; conteneurs mobiles
Cabine de dépoudrageCabine aspiranteDégagement au brossage et au soufflage
Local poudresFûts et conteneursCouches en surface ; liaison équipotentielle à vérifier
Salle de fabricationArmoire électrique et moteursAdéquation matériel/zone à confirmer

Mesures thermographiques

Chaque point chaud fait l'objet de deux images de la même zone : une photographie de repérage et un thermogramme donnant la température réellement mesurée. La décision repose sur la marge de sécurité, soit l'écart entre la température d'inflammation de référence et la température maximale mesurée.

Photographie de repérage et thermogramme d'un moteur d'aspiration : le point chaud du palier est objectivé, non estimé.
Photographie de repérage et thermogramme d'un moteur d'aspiration : le point chaud du palier est objectivé, non estimé.
Point mesuréTempérature maximaleRéférenceMargeVerdict
Moteur d'aspiration78 °C430 °C, couche d'aluminium • 352 °CConforme
Palier de tamiseuse116 °C250 °C, couche de titane • 134 °CÀ surveiller
Variateur d'armoire61 °C135 °C, classe T4 • 74 °CConforme

Zonage, du brut au final

ZoneSource de dégagementNatureBrutFinalCatégorie de matérielNorme
Chambre SLMNuage interne machinePoussière métallique2020, inertage en marche1DEN 60079-10-2
Poste de tamisageVidage et tamisPoussière métallique2122, après aspiration locale2D vers 3DEN 60079-10-2
Cabine de dépoudrageBrossage et soufflagePoussière métallique21222DEN 60079-10-2
Poste de nettoyageÉvaporation de solvantVapeur inflammable223GEN 60079-10-1

🔎 Chaque zone finale est justifiée, jamais classée par habitude : nature du produit, degré de dégagement, efficacité et disponibilité de la ventilation, norme appliquée. Le passage du brut au final documente l'effet réel des mesures en place.

Plan d'actions priorisé

ActionPrioritéNatureÉchéance
Remplacer le moteur d'aspiration non ATEX en zone 22 par un matériel 3D T125 °CCritiqueMatériel60 jours
Mettre à la terre la tamiseuse et les conteneurs mobilesCritiqueMise à la terre30 jours
Formaliser le permis de feu et la procédure de nettoyage humideÉlevéeProcédure45 jours
Signalétique EX aux postes de tamisage et de dépoudrageMoyenneSignalisation30 jours
Contrôle périodique des installations selon EN 60079-17MoyenneDocumentationAnnuel

Du diagnostic au DRPCE

Le diagnostic alimente directement le Document Relatif à la Protection Contre les Explosions : inventaire, sources de dégagement, plan de zonage justifié, adéquation du matériel et plan d'actions priorisé.

🔁 Ce diagnostic n'est pas un rapport figé : c'est l'état daté d'un système vivant. La visite suivante repart de cet état, le compare, et documente les corrections apportées comme les éventuelles dégradations.


Seconde partie — ce qui distingue notre démarche

De la fiche de données de sécurité au DRPCE : produits, équipements et mesures convergent vers une base unique, reliée aux référentiels normatifs.
De la fiche de données de sécurité au DRPCE : produits, équipements et mesures convergent vers une base unique, reliée aux référentiels normatifs.

Les méthodologies ATEX du marché sont sérieuses et normées : nous partageons le même socle réglementaire. Notre différence ne porte pas sur la norme, mais sur la façon de la servir. Là où l'usage produit un rapport figé, nous livrons un système de données mesuré et réactualisable.

CritèreApproche documentaire classiqueNotre démarche
Support du livrableRapport figé, une seule versionBase de données reliée, vivante
TraçabilitéFichiers à retrouver et recouperNavigation directe du dossier à la zone, au produit, au relevé
Justification du zonageSouvent implicite, à dire d'expertNorme, hypothèse et mesure explicitées pour chaque zone
Température des surfacesEstiméeMesurée à la caméra thermique
PreuvesPeu de pièces jointesPhotographies, fiches de données de sécurité et thermogrammes horodatés
Mise à jourNouvelle étude quasi complèteNouvelle version générée rapidement
Suivi dans le tempsDifficile à objectiverHistorisation et mesure de tendance

Six apports concrets

🗄️ Un système de données, pas un rapport. Six bases reliées — dossiers, produits et fiches de sécurité, relevés, thermographie, zonage, actions — où l'information circule et se recoupe sans jamais se recopier.

📚 Les référentiels intégrés. EN 60079-10-1 et -10-2, directives 1999/92/CE et 2014/34/UE, INRS ED 945, INERIS Oméga 36 : chaque zone porte la norme qui la fonde, et le raisonnement reste reproductible.

🌡️ La mesure thermographique. Photographie et thermogramme de la même zone, température maximale mesurée puis comparée à la température d'inflammation. Nous calculons la marge de sécurité au lieu de l'estimer.

📎 Les pièces à l'appui. Fiches de données de sécurité, photographies des équipements, thermogrammes : chaque conclusion s'adosse à une preuve horodatée.

🔁 La mise à jour avec historisation. Chaque passage crée une version archivée, ce qui permet de comparer les versions et de mesurer l'évolution réelle du site.

📱 Le relevé sur tablette. Saisie devant chaque équipement, photographie immédiate : la donnée est captée à la source, sans ressaisie ni perte.

En résumé

Nous transformons une obligation réglementaire en outil de pilotage du risque : mesuré plutôt qu'estimé, justifié plutôt que déclaré, vivant plutôt que figé. Un DRPCE qui reste à jour, et qui prouve l'amélioration continue de la sécurité.


Pour aller plus loin

La page Diagnostic ATEX — zonage et DRPCE détaille le cadre réglementaire, le déroulement de la mission et les livrables.

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